Genèse 32,14-22
2024-04-21
Acheter le pardon? Pour tenter «d’adoucir l’humeur» de son frère (v. 20) dont il est sûr qu’il lui veut du mal, Jacob décide de lui faire parvenir des cadeaux. Il se défile et envoie des serviteurs au front. Le terme utilisé en hébreu pour désigner le «présent» prélevé par Jacob sur ses biens est le même que pour l’offrande apportée à Dieu par Caïn et Abel (Gn 4,3-5) ou encore les produits destinés à Joseph lors de la deuxième rencontre avec ses frères en Egypte (Gn 43,15). Voilà donc que d’autres rivalités mortifères apparaissent en arrière-fond pour nous interpeller quant à la logique qui régit nos dons. Quelle influence l’image que je me fais de l’autre, voire de Dieu, et les intentions que je lui prête ont-elles sur ma manière de donner? M’arrive-t-il d’offrir un cadeau pour me concilier les bonnes grâces d’autrui? Ai-je parfois cherché à «acheter» le pardon de quelqu’un que j’avais lésé? Suis-je capable d’affronter directement ceux et celles que j’ai blessés et de reconnaître mes torts? Et n’aurais-je pas de la peine à me défaire totalement de l’image d’un Dieu dont il faudrait obtenir l’amour et le pardon par mes actes ou mes «sacrifices»? Telles sont les questions que peut susciter le comportement de Jacob, sur fond d’autres jalousies fraternelles.
Anne Sandoz Dutoit
Prière:
Cantique «PsC» n° 459; «Alléluia» n° 36-28 Seigneur, que ton immense amour, qui surpasse toute compréhension, nous inonde. Qu’il brûle en nous tout ce qui nous empêche de nous y abandonner pour entrer dans une véritable communion fraternelle.