L’étoile enfoncée dans la terre (Matthieu 4,12-17)
2022-12-30
Nous associons volontiers l’ombre à l’idée de la mort. Comment ne pas penser à l’ombre mort du psaume 23,4? Qui d’entre nous, n’a pas connu, enfant, l’angoisse de dormir dans le noir? Une lumière s’est levée sur cette ombre mort (v. 16). Qu’est-ce à dire? Si nous dirigeons une lumière dans une zone non éclairée, l’obscurité se dissipe, se fond, se transfigure en elle. Si l’obscurité reste liée à la mort, la lumière ne peut que s’opposer à cette dernière. La vie va donc envahir la mort – alors que nous nous laissons aller à croire l’inverse –, de sorte que celle-ci est transmuée en vie. Quelle peut donc bien être cette lumière? Matthieu y voit Jésus, rayonnant par sa prédication au v. 17; ce rayonnement émane de la source de lumière qu’est le Christ, l’étoile du matin (Ap 2,28 et 22,16) descendue jusqu’aux entrailles de la terre, mort et ressuscité pour nous. Cette lumière du Christ se retire (v. 12), vient habiter et soigner notre Galilée: nos zones d’ombre, les périphéries de notre vie, notre intimité, notre jardin secret où se réfugie notre être blessé et souffrant. Cette lumière illumine notre être, favorise la cicatrisation de nos plaies et nous sensibilise à la proximité du royaume de Dieu.
Jean-Charles Bichet
Prière:
En ce temps de Noël, Seigneur, nous te remercions de faire de nous des «enfants de lumière»: tel est le fruit de la venue de Jésus en notre chair. Apprends-nous à faire fructifier ce don en répondant à l’appel du Christ; aide-nous, chaque jour, à nous ajuster à son amour.