Ceux qui sont allés à Bethlehem le savent: pour entrer dans l’église érigée à la place supposée de l’étable où Jésus serait né, il s’agit de se courber tant la porte est peu haute.

C’est voulu, parait-il: une invitation à l’humilité pour qui veut venir prier sur ce lieu symbolique.

Se courber. On le fait tous plus ou moins facilement. On le fait quand il s’agit d’embrasser un enfant ou de chercher au sol ce que l’on a perdu. Se courber pour regarder ce qu’il y a à nos pieds.

A l’époque où les mages – savants plus fous que rois, notez-le !- sont arrivés à l’écurie désignée par l’étoile, nulle église ! Et peut-être même pas de porte à franchir. Pourtant, pour ceux habitués à scruter le ciel et ses mystères, l’invitation était la même: regarder juste là, devant eux, à leurs pieds… Et qu’y avait-il ?

Qu’y a-t-il à nos pieds, qui vit et respire doucement, sans apparence? Que voyons-nous, à nous courber un peu? Qui?

Et si l’avenir du monde était dans cette attention à ce vivant-là, présent et fragile, qui cependant, à l’observer, réveille notre espoir pour la terre? Je suis même prêt à parier que toutes les étoiles du ciel cherchent à nous le signifier !

Laurent Zumstein, pasteur