Depuis un an, nous avons appris à porter un masque, à nous laver les mains, à respecter des distances « sociales ». Pour nous protéger et protéger les autres. Le virus est partout, insidieux et insaisissable et demande une vigilance constante. Soit.

Mais qu’en est-il d’autres virus, autrement destructeurs, hautement contagieux, habilement déguisés? Que fait-on pour prévenir le virus de la haine que les réseaux sociaux disséminent largement? Et pour le virus de la consommation à outrance que les publicités instillent avec une puissance financière inouïe? Et pour le virus de l’envie, du désir sans limite que ne cesse de promouvoir une société qui cherche à dépasser la condition humaine? Et pour le virus de l’individu roi qui n’a que des droits et aucun devoir? Et pour le virus du voyage au mépris du climat? Et pour le virus du «moi d’abord» qui met entre parenthèse le fait que tout être humain est né de la relation, dans la relation, pour la relation? Et pour le virus de la technologie qui nous rend idolâtres des dernières nouveautés sorties de la Silicon Valley? Et pour le virus…

Je ne connais qu’une seule prophylaxie: le long et lent — je ne serai jamais qu’un apprenti! — compagnonnage avec le Christ qui considère tout autre comme supérieur à lui-même et qui emprunte le chemin de l’humilité, du renoncement au pouvoir, de la recherche de l’intérêt d’autrui. Il n’y a pas de vaccin miracle contre tous ces virus, seulement une conversion quotidienne.

En ce temps de la Passion, que la paix du Christ garde notre cœur et notre pensée de tous les virus possibles, trop rarement dénoncés et souvent ignorés!

Bernard Bolay, pasteur