Aux Rameaux, les catéchumènes confessaient leur foi et leurs doutes:

l’un d’eux, de manière rafraîchissante, disait: «je crois en Jésus, mais croire qu’il est ressuscité, c’est quand même un peu surnaturel!» Un autre, lecteur de Voltaire, affirmait: «à l’époque moderne, on ne peut plus croire aux miracles, ce n’est pas une position raisonnable.» Ces jeunes ont-ils raison de douter? Certes oui. A notre époque de fake news plus qu’une autre, il faut prendre le temps de questionner ce qui nous est vendu comme vérité. Dans le domaine scientifique, c’est une évidence: il faut douter de tout ce qui n’est pas vérifiable. Dans le domaine du droit aussi: le doute est une chose indispensable, il doit profiter à l’accusé!

Et dans le domaine de la foi, doit-on aussi appliquer sa pensée à douter de ce qu’on nous dit? Oui, il faut se l’approprier, le vérifier pour nous-même. Et aussi questionner ce que nous croyons savoir. Il faut douter, quitte à désespérer parfois quand toutes nos «certitudes» s’effondrent. Mais, au-delà de la mue, il restera des certitudes qui tiendront. Douter est un chemin, pas un état dans lequel s’installer, sinon on est dans le scepticisme qui empêche d’avancer.

J’ai rencontré beaucoup de gens très engagés dans l’Eglise, qui disent être de grands douteurs, ils nous questionnent, et souvent nous poussent à aller plus loin. Ils posent les questions que nous n’osons même pas formuler.

Mais souvent aussi j’ai remarqué qu’ils agissent, sans attendre d’être sûr de tout. Et, ce faisant, ils découvrent ce qu’au fond ils croient, car « les choses que je fais m’indiquent ce que je cherche ».

Christine Nicolet van Binsbergen