Le week-end passé, les chrétiens ont célébré la fête des Rameaux.

C’est l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem quelques jours avant la Pâque juive. Il est accueilli par une foule bigarrée et joyeuse qui exulte en le reconnaissant comme un envoyé de Dieu. Et d’agiter des branchages sur son passage. De déposer ses vêtements à même le sol comme on déroulerait un tapis rouge.

Dans la tradition biblique, les vêtements ne sont pas de simples étoffes servant à se couvrir. Ils symbolisent la personne même de celui qui les porte. Ouvrir le chemin d’un homme en y déposant ses vêtements, c’est se donner entièrement à lui. Saisissante offrande. Même si on sait que nombre d’entre eux retourneront leur veste sous peu. Et que les vivats se mueront en cris de haine.

Au cœur de la multitude colorée, il y a la face sombre des pharisiens. Leur compréhension de la pratique religieuse se fonde sur une application rigoriste de la loi. Ils fustigent l’esprit de liberté qui souffle là où Jésus passe. Ils le condamnent, l’accusent de blasphème. Et le somment de réduire la foule au silence. Il répond: «S’ils se taisent, les pierres crieront». Autrement dit, il se joue en ce lieu un événement tel que rien ne saurait en amoindrir le retentissement; la subversion d’un système qui entraînera un total retournement des valeurs.

Aujourd’hui, je m’interroge. Laisserons-nous les pierres crier à notre place? Le christianisme me semble si souvent muet. Face à la violence, aux urgences climatiques, à l’injustice sociale… Comment rester fidèles à l’engagement que le Christ attend de nous? En mettant en oeuvre ce dicton anglo-saxon: «les actes parlent plus fort que les mots».

Line Dépraz, pasteure EERV