Les premiers chrétiens étaient persuadés que leur monde allait très bientôt prendre fin. 

Scientifiques, jeunes et activistes écologiques nous annoncent aujourd’hui la prochaine fin de notre mode de vie, en bref : du monde auquel nous sommes attachés. Comment les premiers chrétiens ont-ils donc réagi face à l’annonce de la prochaine disparition de leur monde ? Ils ont au moins eu trois réactions. Comme Jésus le leur avait recommandé (Matthieu 6,25-34), ils ne se sont d’abord pas laissés inquiéter par le lendemain. Ils se sont attelés à la peine du jour même. Ils ont ensuite fait preuve de solidarité donc de justice (Actes 4,32-35). Ils ont partagé leurs biens alors que tout être humain normalement constitué se serait agrippé à ses possessions en prévision des cataclysmes annoncés. Enfin, à l’annonce de la proximité du règne de Dieu, ils ont tourné le dos à leur passé et se sont concentrés sur l’essentiel : la bonne nouvelle à vivre que Jésus leur annonçait (Marc 1,14-20).

Alors que les experts nous prédisent de graves dérangements climatiques, la diminution drastique de nos ressources et une surpopulation, donc, dans chaque cas, des famines, des migrations et des guerres, saurons-nous nous mettre à la tâche sans inquiétude ? saurons-nous partager et faire preuve de plus de justice ? saurons-nous nous recentrer sur ce qui nous est vraiment essentiel ?

Jean-Denis Kraege, théologien