Il y a quelque chose d’extrême à vouloir priver quelqu’un du droit de s’habiller comme il le veut. Il y a quelque chose d’extrême à vouloir priver les autres des expressions de son visage, interface majeur de la relation.

Cela posé, on fait quoi? On attend une décision du peuple qui dira quelle est l’extrême qui, selon lui, est la plus supportable? Oh ! Combien cette votation de mars est piégée! Elle montre les limites claires de nos droits politiques qui, à les exercer dans cette situation, ne vont pas aider le vivre-ensemble recherché.

Mais, au fait, est-on tous d’accord avec cet objectif commun, le vivre-ensemble? Alors pourquoi nous laissons-nous entraîner dans ces alternatives impossibles plutôt que, au jour le jour, y travailler dans le dialogue? Nul salut pour notre vie partagée, dans ces votations idéologiques! La loi ne peut remplacer notre propre engagement quotidien. C’est là que ce vivre-ensemble se construit, s’élabore. De l’intérieur.

C’est la fameuse différence entre l’huitre et je-ne-sais quel vertébré : d’où vient leur solidité réciproque? Et celle d’une société? Moins de la grosseur de son arsenal constitutionnel que de la fiabilité de ses membres et de leurs articulations, non? Finalement, ne sont-ils pas là, l’enjeu et le défi? En quoi croyons-nous pour notre avenir commun? Au pouvoir de la loi –dont, depuis Jésus, on sait la juste place!- ou en notre capacité propre de construire un dialogue avec celui ou celle que l’on côtoie?

Laurent Zumstein, pasteur