Il a fini par me rattraper, le coronavirus, et me clouer au lit.

Deux semaines d’absence et l’obligation pour la paroisse de s’organiser autrement. Ce dimanche, ce sont des paroissiennes et des paroissiens qui prennent en charge le culte, avec enthousiasme. Cela me réjouit infiniment !

Une conseillère de paroisse m’a écrit ce courriel: «J’ai quand même été fortement interpelée qu’il ait fallu ton obligation de rester alité pour que ce que tu désirais depuis longtemps se mette en place… Parfois le Vivant prend les grands moyens pour nous mettre en face de nos responsabilités et faire fi de nos hésitations! Humour divin…»

C’est une conviction que je porte depuis longtemps: l’avenir de l’Église appartient aux laïques et non aux professionnels du religieux dont je fais partie. Il est donc nécessaire, pour que les laïques trouvent leur place, que je diminue et qu’ils croissent.

Mais une conviction, même fortement ancrée, parfois ne suffit pas, surtout quand elle touche à l’identité du ministre lui-même. Parce qu’il s’agit d’une véritable conversion — plus qu’un seul changement de posture — de part et d’autre. Tant du côté des ministres que du côté des laïques. Alors la Covid 19 est venue à la fois encourager des paroissiennes et des paroissiens et au secours de mes dernières résistances. Pour cela au moins, il valait la peine d’être attrapé et fortifié dans une identité nouvelle !

Bernard Bolay, pasteur