Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va…

Nul besoin d’être grand navigateur pour adhérer sans trop de difficulté à cette phrase attribuée  à Sénèque. Le « management par objectifs » ne devait pas faire partie du vocabulaire des
anciens, l’expression dit pourtant l’essentiel.

Que désirons-nous pour notre paroisse, région, lieu d’Eglise pour aujourd’hui et pour demain?

Vivante, accueillante, ouverte, avec des jeunes familles et enfants aux côtés de nos aînés… Ok, on est tous d’accord avec cette vision que ne reflètent plus vraiment nos assemblées du dimanche matin.

Mais, cela ne veut pas dire que la mission est devenue impossible. En revanche, il y certainement à adapter nos manières d’être Eglise aujourd’hui, en inventer de nouvelles, trouver des voies non encore explorées pour surfer sur les vagues de la société du 21ème siècle en y gardant notre place, et surtout le cap.

Certes, il y a les services que, selon ses statuts, l’EERV doit « au peuple vaudois tout entier » via ses ministres: baptêmes, mariages, funérailles, services d’aumôneries et accompagnements divers. Mas la vie communautaire locale et régionale ne peut se développer sans la collaboration des laïcs vivant dans ces lieux. Et elle ne peut se développer qu’en fonction des besoins spécifiques et donc différents pour chaque lieu.

Le travail essentiel des conseils est celui de définir les axes prioritaires pour le déploiement de cette vie. Cela suppose faire des choix pour privilégier et innover dans certains domaines d’activités, et par conséquent renoncer, sans se résigner à ce qui n’a plus la « cotte ». Redistribuer forces et moyens  avec pertinence et efficacité. On aime pas beaucoup ces termes un brin « managériaux » en Eglise, et pourtant, il n’est pas nécessaire que l’on trouve les mêmes types d’activités dans les paroisses voisines par exemple. De nombreuses expériences régionales montrent déjà que se regrouper, collaborer, créer des pôles d’actions plutôt que de les multiplier, suscite des synergies intéressantes et fécondes et une solidarité à expérimenter.

C’est à partir de ces pôles d’activités « de choix » qu’il s’agit de chercher et discerner des personnes qui acceptent de contribuer à leur mise sur pied. Trouver à chacun la place et le rôle le plus adéquat par rapport à ses compétences et ses appétences. C’est le privilège du « bénévolat » ! – faire ce que l’on aime, ce que l’on sait faire et en retirer du plaisir pour soi-même. S’engager « par sacrifice » comporte de grands risques. Et ce n’est pas parce que nous sommes en Eglise que nous devrions donner en nous interdisant de recevoir. Il faut un incertain équilibre entre le don et le « contre-don », au moins instable, pour que le bénévolat, qui veut dire vouloir du bien, fasse vraiment du bien aux uns et aux autres.  

 

On n’est pas nombreux pour tout le travail qu’il y à faire !

Discerner, chercher des compétences indispensables à notre projet consonne parfois avec « sélectionner » plutôt qu’accueillir tous ceux qui se présentent. Il ne sont déjà pas trip nombreux – diront certains. Et pourtant l’évangéliste Jean n’y va pas par quatre chemins pour l’exprimer on ne peut plus clairement: c’est Dieu qui appelle. « Ce nest pas vous qui mavez choisi, mais cest moi qui vous ai choisi pour que vous portiez du fruit… », affirme Jésus en Jn 15,16.

Si le discernement est une affaire personnelle (Calvin l’appelait vocation interne), elle tient aussi du collectif (vocation externe). Dire à quelqu’un: « nous avons besoin de toi pour cette tâche », c’est lui reconnaître ses compétences, qui manquent à l’équipe. C’est aussi dire à la personne qu’elle est précieuse et attendue.

Car tout le monde  n’est pas à l’aise dans tous les domaines et ce n’est pas nécessaire. C’est la diversité des compétences et leur complémentarité qui font la force de l’équipe, bien plus que le nombre. Une équipe trop grande engendre des lourdeurs de fonctionnement, notamment dans la concertation, certes nécessaire, mais vite chronophage. Le RE précise la composition des conseils de divers instances de l’EERV. Cependant, les recherches récentes en psychologie du travail, démontrent que les équipes les plus « performantes » comportent 5-6 personnes. Pour que l’équipe de conseil puisse préserver sa fonction stratégique, il est primordial, et c’est déjà le cas dans beaucoup de lieux de notre Eglise, qu’elle s’adjoigne de sous-équipes qui mènent des projets spécifiques, bien définis quant à leur contenu et leur durée.

Paroles de ceux qui ont fait le pas et cheminent:

Une fois encore le des défi principal pour la constitution et renforcement des équipes engagées en Eglise est de faire envie et convaincre à faire le pas. Une des manières est partager à la personne son propre vécu et comment cela fait sens pour soi-même. Ça s’appelle témoigner. En voici quelques échos sur ce que signifie pour certains agir en et pour l’Eglise

  • C’est l’occasion et le lieu de construire des projets en équipe, les porter et les réaliser avec d’autres.
  • C’est participer à la transmission des valeurs qui me portent.
  • Il s’y joue la force de conviction d’une équipe et la liberté d’inventer de nouvelles manières de vivre l’Evangile.
  • C’est une possibilité de partager ses propres compétences et en acquérir des nouvelles en créant du lien social et de vraies amitiés.
  • C’est le lieu où exercer la compréhension de l’autre, tel qu’il est, et de mettre en pratique la bienveillance.
  • C’est un des lieux où se construit un bout de l’avenir de notre société.
  • Le conseil est un lieu unique pour mettre en lien des convictions spirituelles et des actions concrètes. Grâce à l’intelligence collective, mutuellement enrichie, on y vit de belles complicités.
  • C’est le lieu où l’on peut mettre en commun, librement, nos doutes et nos questions. Une belle aventure, une occasion de grandir en tant qu’humain et en tant que chrétien.
  • Le privilège et la joie de bénéficier de la richesse intérieure d’autres personnes. C’est aussi du défi! 
  • Cela permet de se sortir du supermarché de la « spiritualité » à tout va et de tout bord. Quand on s’engage au nom de l’Evangile, cela nous libère personnellement, familialement, socialement… de tous nos carcans.
  • C’est là que j’ai vécu des rencontres d’une grande qualité relationnelle, de vraies amitiés tout en accomplissant des actions et des tâches qui ont vraiment du sens.
  • C’est le lieu où on peut travailler ensemble pour chercher des pistes et des solutions à divers problèmes de toutes les époques que l’Eglise et la société ont toujours du affronter en y apportant au moins des bouts de solutions. Il faut que ça continue!