En séances de conseil 

Parce que le temps est précieux et les séances souvent longues, la question du « recrutement » permanent des bénévoles passe à la trappe par rapport à celle de la « gestion courante ». Planifier des temps consacrés au renouvellement et renforcement de l’équipe est important. Quelques propositions pour accompagner ce processus :

  • D’abord, parler des points forts de votre lieu d’Eglise, de la vision et des projets pour les années à venir. Quels sont les accents que vous aimeriez voir se développer ? Il ne s’agit pas encore de parler de projets concrets (vente de paroisse, etc.), mais de grandes orientations. Spirituel : lire 1 Co 12, 12-31 et avoir un échange autour des spécificités de votre lieu d’Eglise, en pensant qu’il est comme un « membre » du corps du Christ.
  • Dresser ensuite une liste de compétences requises à la réalisation des projets esquissés pour le lieu d’Eglise (vision). A cette étape, éviter de penser à des personnes précises. Se laisser aller à imaginer et rêver d’un Conseil « idéal » peut être précieux et fécond! Spirituel: lire 1Pi 4, 10-11, et établir une courte liste des dons (plus large que celle du texte biblique) qui seraient précieux dans votre contexte.
  • Evoquer finalement les intentions et désirs de chacun-e à propos de la nouvelle législature. Spirituel: prendre « en équipe », un temps de prière les un pour les autres dans et pour votre engagement. Et rendre grâce pour ce (et ceux!) qui est.

Chercher des personnes intéressées

Chercher et discerner ! Or, le mot discernement consonne parfois avec le mot sélection parmi les candidatures reçues plutôt que l’accueil de toutes celles et ceux qui se présentent. Et pourtant l’évangéliste Jean n’y va pas par quatre chemins pour l’exprimer on ne peut plus clairement: c’est Dieu qui appelle. « Ce nest pas vous qui mavez choisi, mais cest moi qui vous ai choisi pour que vous portiez du fruit… », affirme Jésus en Jn 15,16.

Pour le discernement, quelques idées de critères :

  • L’utilité : Quels sont les besoins du lieu d’Eglise ? Comment la personne que l’on pressent pourrait-elle contribuer favorablement à son développement (et le sien propre par la même occasion) ?
  • La capacité : Tout le monde n’est pas à l’aise dans tous les domaines ! On s’intéressera aux compétences personnelles comme à la capacité de collaborer et d’entrer dans un projet commun.
  • Le désir : Solliciter quelqu’un qui a envie de prendre un engagement ou avec lequel un-e conseiller-ère actuel-le désire collaborer reste l’idéal et il est très important de valoriser cette dimension. Mieux vaut éviter de faire appel à une personne qui s’engagerait par esprit de sacrifice, pour rompre sa solitude ou par devoir.
  • La reconnaissance des autres : Si le discernement est une affaire personnelle (Calvin l’appelait vocation interne), elle tient aussi du collectif (vocation externe). Une reconnaissance par les pairs et par la communauté entière est un élément précieux à soigner et manifester concrètement.

Ce processus de discernement ne concerne pas seulement les conseillers-ères, mais s’applique à tout bénévole qui apporterait ses compétences précieuses dans différentes activités de votre lieu d’Eglise.

La taille de l’équipe

Préoccupante question du nombre… Avant d’en appeler au Règlement ecclésiastique (RE), sachez que, selon les recherches récentes en psychologie du travail, les équipes les plus performantes sont constituées de 5 à 6 personnes. Une équipe trop nombreuse suppose des lourdeurs de fonctionnement, notamment dans la concertation certes nécessaire mais vite chronophage, et dans les processus décisionnels.

Le RE mentionne deux éléments :

  • (RE, art 25) Le CP doit se composer de 5 membres laïcs au minimum, mais ce nombre doit être supérieur au nombre de ministres et d’animateurs d’Eglise, membres de droit du CP.
  • (RE, art 14, e) L’assemblée de paroisse peut fixer le nombre des membres laïcs du CP et les élire.

Redisons-le, l’essentiel est de bénéficier du plus grand nombre possible de personnes actives, surtout hors conseil, dans la vie des lieux d’Eglise; personnes qui prennent des responsabilités précises en fonctions de leurs compétences, leurs intérêts et de leurs envies.

Allez, de toutes les nations faites mes disciples !

Oui, mais comment s’y prendre pour trouver des personnes ? La recette miracle n’existe pas et l’entrée en matière est souvent empreinte d’appréhensions. Voici néanmoins quelques conseils :

  • Privilégier le contact direct plutôt que le téléphone ou le mail.
  • Signifier à la personne les compétences qu’on a discernées en les valorisant et expliquer clairement que l’Eglise a besoin d’elle.
  • Aller plus loin en évoquant dans quels projets elle pourrait apporter une plus-value.
  • Fournir à la personne des informations précises sur le cadre et la nature de l’engagement et l’inviter à participer à une ou quelques séances du conseil « pour voir », avant celui demander une réponse définitive.

Echos des ceux qui ont fait le pas et cheminent :

Une fois encore le des défi principal du renforcément des équipes engagées dans la vie d’Eglise est de faire envie, de convaincre à faire le pas. Pour embarquer quelqu’un avec soi dans une aventure, on commence souvent par lui partager son propre vécu en soulignant les raisons pour lesquelles l’aventure « en vaut la peine ». Cela s’appelle témoigner; aussi simple que cela ! En voici quelques échos:

Pour faire envie à d’autres personnes de rejoindre un conseil ou une autre équipe de travail en Eglise, mon expérience personnelle me fait mettre en avant le fait que…

  • C’est l’occasion et le lieu pour construire des projets en équipe, les porter et les réaliser avec d’autres.
  • Cela permet de participer à la transmission des valeurs qui me portent.
  • Il s’y joue la force de conviction d’une équipe et la liberté d’inventer de nouvelles manières de vivre en Eglise.
  • C’est une possibilité de partager ses propres compétences et en acquérir des nouvelles en créant du lien social et de vraies amitiés.
  • C’est le lieu où exercer la compréhension de l’autre, tel qu’il est, et de mettre en pratique la bienveillance.
  • C’est le carrefour de tous les âges, toutes les catégories sociales, tous les horizons culturels qui se rencontrent dans la convivialité tout en oeuvrant pour une cause qui en vaut la peine.
  • C’est un des lieux où se construit un bout de l’avenir de notre société.
  • L’enthousiasme et la joie de rêver, d’élaborer et de vivre ensemble, au près et au loin, des projets porteurs d’espérance.
  • Le conseil est un lieu unique pour mettre en lien des convictions spirituelles et des actions concrètes. Grâce à l’intelligence partagée et mutuellement enrichie, on y vit de belles complicités.
  • C’est le lieu où l’on peut mettre en commun, librement, nos doutes et nos questions pour avancer ensemble dans la découverte de Dieu. Une belle aventure, une occasion de grandir en tant qu’humain et en tant que chrétien.
  • C’est dans l’équipe du conseil que j’ai appris à m’exprimer librement.
  • Riche expérience sur la plan humain, organisationnel et spirituel.
  • Que de satisfaction de faire avancer notre Eglise en apportant ma pierre à l’édifice !
  • Tu veux une Eglise vivante, alors c’est ton tour de t’y mettre maintenant !
  • Le privilège et la joie de découvrir et de bénéficier de la personnalité et de la richesse intérieure d’autres personnes. C’est aussi du défi à relever : faire rayonner cette joie à l’ensemble de la communauté de mon lieu de vie.
  • Cela permet de se sortir du supermarché de la « spiritualité » à tout va et de tout bord. Quand on s’engage au nom de l’Evangile, cela nous libère personnellement, familialement, socialement… de tous nos carcans.
  • Cela donne une occasion de s’ouvrir activement à la communauté, de partager ses valeurs et sa spiritualité dans un environnement rassurant.
  • C’est là que j’ai vécu des rencontres d’une grande qualité relationnelle, de vraies amitiés tout en accomplissant des actions et des tâches qui ont vraiment du sens.
  • C’est le lieu où on peut travailler et prier ensemble pour chercher des pistes et des solutions à divers problèmes, apparemment contemporains, mais que l’Eglise et la société a toujours du affronter et y apporter au moins des bouts de solutions. Il faut que ça continue!