Discernement et audace

Un des grands soucis de nos communautés est celui de trouver des personnes qui s’engagent soit pour renforcer un conseil, soit pour faire partie d’une équipe de travail qui porte tel ou tel projet, ou prenne la responsabilité de telle ou telle activité. C’est un souci réel, car la notion même de l’engagement a beaucoup changé. Et pourtant la vie « associative » n’a pas disparu parce que l’humain cherche toujours à créer des relations. Mais comme la nature et le fonctionnement des liens sociaux s’est modifiée, la renouvellement des équipes, se fait aujourd’hui autrement. Et pour ceux qui cherchent et pour ceux qui sont recherchés. Il s’est opéré comme un changement de posture de part et d’autre. Ces actions demandent aujourd’hui indubitablement une certaine audace et du courage, voire de la persévérance. C’est une affaire de confiance, de relation authentique et non d’un quelconque devoir à accomplir ; une démarche spirituelle.

Oser aborder des personnes sans a priori ni préjuger de leur réponse, voilà le défi. Car l’Eglise est pour ceux qui n’y sont pas ou pas encore… Or, spontanément, nous nous tournons d’abord vers des personnes que nous croyons déjà dans une démarche spirituelle, qui souvent d’ailleurs, est cachée sous une grande pudeur. Pour élargir nos réseaux habituels, pourquoi ne pas solliciter celles et ceux, dont à priori, nous ne savons, ni ne supposons rien à ce sujet. Un simple désir de se relier à d’autres, ou une disposition à faire évoluer les choses, relever de nouveaux défis… L’envie de participer à la marche du monde, à le rendre plus humain… suffisent pour s’engager en Eglise et y prendre une responsabilité. La foi grandit dans la pratique, et pour certains, répondre à un tel « appel » peut très bien être le début d’un chemin spirituel qu’ils n’ont encore jamais eu l’occasion d’initier.

Plutôt que chercher à tout prix à agrandir les conseils, discerner des personnes qui ont des compétences en lien avec le projet choisi pour votre lieu d’Eglise. Des personnes hors du sérail » peuvent contribuer de manière très positive, rafraîchissante et innovante à son déploiement. « Elargissons l’espace de la tente » pour inviter, sans restriction, celles et ceux qui auraient à cœur de mettre leur touche personnelle à la vie de la communauté. Les tâches ne sont-elles pas aussi variées que nombreuses?

Les conseils, en tant qu’équipes responsables, et « dirigeantes », jouent un rôle déterminant dans le développement des lieux d’Eglise. Le risque est grand pour elles de devoir s’occuper de tout, parce que les forces manquent. Cependant, à chacun son don et ses talents. Certains aiment réfléchir, inventer, organiser… et d’autres, user simplement de leurs mains et de leur créativité tout pratiquement. Le conseil doit veiller à maintenir l’équilibre entre le stratégique (chercher les idées, prendre des décisions, mettre en route, mobiliser, soutenir) et l’opérationnel (la mise en oeuvre concrète des activités) qui peut et devrait être confié à d’autres acteurs du lieu; des sous-équipes « spécialisées » dans un domaine précis.

And last but not least, la mission de recherche de nouvelles personnes n’est pas réservée aux ministres. C’est l’affaire de tous les membres de la communauté.