Il est monté au ciel ?

L’Ascension. Synonyme d’un grand week-end  d’évasion pour les uns, d’ excursions pour d’autres, en montagne si possible…Peut-être? Mais cela, c’était avant le Coronavirus!

«Monter au ciel», voilà cependant une action qui subsiste en ce 21ième siècle, à moins qu’il ne s’agisse ici d’aller réparer une station orbitale dans le vaste univers. Et pourtant!  «Il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leur regard…» nous précise le livre des Actes (Chap.1, v.1).

Nous voici effectivement transportés en pleine cosmologie, dans ce «brouillard sacré» qui attestait, à cette lointaine époque, la présence et l’immanence de la proximité de Dieu, cette «théophanie» qui va changer le regard des disciples. Un peu plus loin, toujours dans cet étrange récit, des hommes en blanc disent aux apôtres désemparés: «Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel?». Autrement dit, revenez de votre éblouissement. Celui qui est parti, qui est mort, et qui a été ainsi élevé, demeure désormais présent dans votre vie par son esprit. Ayez confiance ! Bientôt, en son nom, dans une dizaine de jours, vous ferez des choses encore plus grandes que Lui… Faire ? Oui. Mais d’abord être.

Voilà ce que signifie aujourd’hui pour moi la fête de l’Ascension. Parce que ces disciples d’autrefois étaient aussi des contemplatifs. Il ne faut pas l’oublier et leur reprocher de regarder vers le ciel. C’est aussi pour cette raison que j’ai toujours de la peine à adhérer à ce cantique d’autrefois, sur un texte de Frédéric Guillaume Clottu (1789-1830) : Chantons le jour de la victoire…(1)

Quelle victoire ?  Ce triomphalisme guerrier d’un christianisme conquérant n’est plus de mise dans le langage de la société où nous vivons. L’Ascension, c’est le temps de la précarité.

André Durussel, 1464 Chêne-Pâquier

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1) Recueil Alléluia, No 34/32