« Je t’aime. Alors lève-toi, et va ! » (16.02.25)

Lecture du Cantique des Cantiques 2, 8-16

La jeune fille 

8J'entends celui que j'aime.
Le voici : il vient.
Il bondit sur les montagnes,
il saute sur les collines. 

9Celui que j'aime ressemble à une gazelle
ou au petit de la biche.
Le voici : il s'arrête derrière le mur
de notre maison.
Il regarde par la fenêtre,
il guette à travers le grillage. 

10Il me dit :
« Lève-toi, mon amie, ma belle,
et viens ! 

11La mauvaise saison est finie,
la pluie ne tombe plus, elle s'en est allée. 

12Sur la terre, les fleurs paraissent,
c'est le temps des chansons.
Dans les champs,
voici la voix de la tourterelle. 

13Les figues vertes mûrissent déjà,
les vignes en fleur répandent leur parfum.
Lève-toi, mon amie, ma belle,
et viens ! 

14Ma colombe,
cachée dans les fentes du rocher,
dans les trous des hautes pierres.
Montre-moi ton visage,
fais-moi entendre ta voix.
Ta voix est si agréable,
et ton visage est si beau. »

La mère

15Attrapez pour nous les renards,
les petits renards qui abîment les vignes.
C'est le moment où nos vignes sont en fleur.

La jeune fille

16Celui que j'aime est à moi,
et je suis à lui.
Il conduit son troupeau parmi les lys en fleurs.

Prédication : « Je t’aime. Alors lève-toi, et va ! »

Résumé : A travers une lecture allégorique du livre du Cantique des cantiques, nous pouvons entendre que Dieu nous chante son amour et nous encourage à nous lever. Il souhaite aussi que nous nous tournions vers lui et cheminions avec lui, pour lutter contre le mal sur terre. Des mots d’amour pour encourager et rassurer.

Chers frères et sœurs en Christ,

En cette semaine de Saint-Valentin, quel petit mot d’amour avez-vous reçu ?

  • Je t’aime… plus que le chocolat, c’est dire !
  • Oh, c’est toi que je déteste le moins !
  • Pour les anglophones fan de ketchup: I love you from my head to-my-toes
  • Ou encore : « Je te trouve à croquer… et je ne mâche pas mes mots »
  • Et pour finir ce classique : « Le seul réchauffement climatique que j’aimerais provoquer, c’est celui de ton cœur »
  • D’ailleurs force et courage à tous les célibataires pour leur « sans Valentin »: La Saint-Valentin est bien meilleure pour les célibataires : il faut juste acheter tout le chocolat en solde le lendemain…

Bon. Plus sérieusement. Moi, je suis retombé sur une vieille lettre de la Saint-Valentin reçue il y a fort longtemps… C’était des amis malgaches qui m’avaient partagé cette lettre, dont je vous lis quelques extraits :

  • Mon enfant, Je regarde jusqu’au fond de ton cœur et je sais tout de toi. (Psaume 139.1)
  • J’ai fait de toi une créature merveilleuse. (Psaume 139.14)
  • Parce que je t’aime d’un amour éternel. (Jérémie 31.3)
  • Je suis aussi le Père qui te console de toutes tes peines. (2 Corinthiens 1.3-4)
  • Comme un berger porte un agneau, je te porte sur mon cœur. (Esaïe 40.11)
  • Je suis ton père et je t’aime de la même façon que j’aime mon fils Jésus. (Jean 17.23) 
  • Et rien ne te séparera de mon amour. (Romains 8.38-39)
  • Ma question est : Veux-tu être mon enfant ? (Jean 1.12-13)
  • Je t’attends. (Luc 15.11-32)
  • Ton Père qui t’aime 

Oui chers frères et sœurs, en cette semaine de Saint-Valentin, j’avais envie de nous replacer devant l’essentiel : Dieu t’aime. Oui toi !

Bam. Je pourrais m’arrêter là en fait. Mais pour justifier mes 5 ans d’études de théologie, et pour ouvrir votre horizon à toute la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Dieu pour toi (t’as pas la réf, reuf ? Éphésiens 3,18), j’ai choisi, pour ce matin, ce livre peu connu du Cantique des Cantiques. Ce livre de la Bible est souvent lu lors des mariages, les futurs époux y voyant un magnifique chant d’amour qui fait écho à leur amour : le bien-aimé qui court à la rencontre de sa belle qui, elle, a une voix douce, un visage charmant, etc. Vous voyez le genre ? 

C’est là le 1er niveau de lecture : on peut lire le Cantique des cantiques comme un recueil de poésie méditant sur le don divin qu’est l’amour entre un homme et une femme. Mais il y en a un second, de niveau : on peut le voir aussi comme une métaphore, celle de l’amour de Dieu pour nous, ses enfants, et de nous pour Dieu. La tradition juive y voit une image représentant la relation entre Israël et Dieu, la tradition chrétienne une image représentant l’Église et le Christ. Finalement, les deux se rejoignent : on peut lire ces paroles de l’homme à la femme comme des paroles que Dieu nous adresserait pour nous dire tout son amour pour nous, son peuple.

Ainsi, si l’on comprend ce texte du Cantique des cantiques non pas seulement comme un texte entre deux amoureux, mais entre une femme qui aime son homme comme l’humain aime son Dieu (femme = humain, peuple), et l’homme qui aime sa femme, comme Dieu aime son peuple (homme = Dieu), alors Dieu nous parle, avec ce texte. 

Alors… écoutons bien ce que ce texte nous dit ! La femme (donc allégoriquement l’être humain) dit ceci au sujet de son bien-aimé (donc Dieu) :

8J'entends celui que j'aime.
Le voici : il vient.
Il bondit sur les montagnes,
il saute sur les collines.

« J’entends ». Littéralement « C’est la voix de mon bien-aimé » La voix. Dieu nous parle dans ce texte. Et il commence pour nous dire « je viens ». C’est le premier enseignement de ce texte. Dieu se fait proche. Il vient tout près de nous, aussi près qu’un amoureux désire être. 

Il vient… mais où exactement ?

Certains répondraient… sur les montagnes ! Ben oui, vous ne le savez que trop bien, la montagne est ce lieu du sublime, de l’impression que tout est tellement grandiose, plus proche de Dieu. Dans la Bible, la montagne est le lieu par excellence de révélation de Dieu, le mont Sinaï pour les 10 commandements ou encore le mont de la transfiguration n’en sont que deux exemples.

Dieu vient, donc, là-haut sur la montagne… Ah non, le texte nous dit autre chose : il bondit sur les montagnes… parce qu’il est au-delà de tout cela. Il est au-delà des mots. Il est au-delà de nos représentations. Il est tout autre. Insaisissable.

Le voici : il s'arrête derrière le mur
de notre maison.
Il regarde par la fenêtre,
il guette à travers le grillage.

Et pourtant, il s’arrête, derrière le mur. Caché, on ne le voit pas. Mais ce mur, ce qui nous empêche de le voir, c’est « notre » mur, comme le dit le texte original. Donc cet obstacle, il ne vient que de nous, c’est celui de notre manque d’intelligence ou de foi. Mais malgré cela, le texte nous rappelle ce que nous savons, mais qui est parfois si difficile à croire : Dieu est là, tout près.

Il est là, et voici ce qu’il nous dit :

10Il me dit : « Lève-toi, mon amie, ma belle,
et viens !

Ce matin encore, chers frères et sœurs, Dieu nous dit : Lève-toi, tu es beau, belle, tu en vaux la peine, et, littéralement, « va » ! Les traducteurs ont voulu rendre le texte plus « normal » avec ce « viens », mais en fait le texte dit bien « va ! ». L’Évangile invite toujours nous relever et à avancer, à être dans la dynamique du chemin. Va, sois actif dans ton chemin de vie et non passif devant les épreuves. Oui tout n’est pas simple ici-bas. Mais Dieu t’appelle à te lever pour ce qui t’es cher. Pour ce que tu aimes.

12Sur la terre, les fleurs paraissent,
c'est le temps des chansons.
Dans les champs,
voici la voix de la tourterelle.

Le temps de l’amour, c’est le temps du printemps. Comme pour nous rappeler qu’après l’hiver froid et mort, vient le printemps, promesse de résurrection et de vie. Pour MLK aussi, le temps des chansons, du gospel, c’est le temps de la joie, de la vie renouvelée, de la lumière qui fait reculer les ténèbres. C’est le temps de l’espérance de Pâques que le mal n’aura pas le dernier mot.

15Attrapez pour nous les renards,
les petits renards qui abîment les vignes.
C'est le moment où nos vignes sont en fleur.

Très étrange que ce verset de « la mère » qui met en garde. Alors que les vies sont en fleurs, que tout va bien, les renards débarquent et détruisent la précieuse vigne ! Symboliquement, ces renards représentent ici toutes ces petites choses peuvent nous nuire : des paroles qui blessent, des gestes d’orgueil qui cherchent à écraser l’autre, le mensonge, la colère, la paresse, la difficulté à pardonner, etc. Vous l’aurez remarqué, le Cantique des cantiques appelle ici à une action concrète de lutter contre le mal. Mais la bonne nouvelle, chers frères et sœurs, c’est que nous ne sommes pas seuls. C’est que Dieu travaille avec nous : « attrapez » est au pluriel, homme et femme ensemble, donc Dieu et son peuple ensemble.

Se lever, aller, et lutter contre le mal, ça peut me paraître juste titanesque. Mais Dieu m’invite à la confiance. Reste comme tu es, car je t’aime. Tu es à moi et je suis à toi, dit Dieu. Ensemble, « ça va le faire », comme disait Maude mardi à la prière.

16Celui que j'aime est à moi,
et je suis à lui.
Il conduit son troupeau parmi les lys en fleurs.

Pour faire face au mal et aux ténèbres, pour attraper les renards, nous ne sommes pas seul. Dieu est là, avec nous. Comme pour nous rassurer. Comme un berger, il nous sécurise. Par son amour, il nous encourage. Voici donc l’essentiel que nous dit Dieu dans sa parole : « Je t’aime. Alors lève-toi, et va ! ». Toi, tu y crois ? Toi, tu aimes ?

Amen.

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Une chanson sur ce texte biblique

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