La semaine mondiale de prière pour l’unité des chrétiens vient de se terminer.

Cette année, nous devons le matériel d’animation à l’Indonésie. Archipel constitué de plus de 13’000 îles, comptant quelque 265 millions d’habitants dont 86% de musulmans et 10% de chrétiens. Plus de 1300 groupes ethniques distincts sont recensés, 740 langues locales y sont parlées, une langue nationale officielle est reconnue. Fabuleux laboratoire du pluralisme, la devise du pays : «  L’unité dans la diversité ».

L’Etat indonésien est fondé sur cinq principes qui assurent à chacun la liberté, l’équité, le respect, la justice. Pourtant, la corruption sévit dans tous les domaines : politique, économique, vie quotidienne. Les répercussions sur l’environnement et le climat social sont désastreuses. Là-bas, comme ici, l’appât du gain, le leurre d’une vie facile et l’individualisme galopant mettent à mal les idéaux de responsabilité et de solidarité.

Je veux croire que ce n’est pas une fatalité. N’avons-nous pas en Jésus un modèle pour briser les évidences, inverser les tendances, placer au centre de nos préoccupations un autre que soi ? Il a passé sa vie à arpenter les terres d’Israël-Palestine pour aller à la rencontre des gens. Pour puiser dans les gestes des plus petits le sens de la vie. Pour ouvrir un  horizon à ceux qui avançaient la tête penchée, le regard rivé au sol. Dans un monde fracturé, la prière commune des chrétiens est un signe fort d’unité dans la diversité. Elle ne nous dispense pas de l’effort à consentir pour dépasser les discours et en arriver à des engagements concrets.

Line Dépraz