Ce gâteau symbolise le Jeûne Fédéral, même si on n’en mange plus forcément aujourd’hui et que l’origine de ce week-end prolongé échappe à beaucoup.

C’est en 1832 que les Confédérés décidèrent de consacrer une journée à l’action de grâces, la pénitence et la prière. Outre le fait de replacer l’être humain face à Dieu et de l’amener à méditer sur le sens de la vie, il s’agissait de consolider la paix religieuse et sociale. 186 ans après, il donne l’occasion de s’arrêter et de prendre du recul au sein d’une société qui vit à un rythme effréné.

Mythe ou réalité ? Nous serions les témoins de la montée en puissance du repli sur soi, de l’intolérance, de la violence. C’est que « vivre ensemble » n’est pas une tâche aisée. L’altérité peut déstabiliser voire blesser lorsque l’affirmation de l’autre dans sa différence remet en cause nos habitudes. Pourtant, c’est bien lorsque l’identité des uns et des autres est en jeu qu’il convient de dialoguer et de tout mettre en œuvre pour se comprendre. N’en déplaise à l’entre-soi, cette fâcheuse tendance à ne plus être en lien qu’avec ceux qui nous ressemblent. Quelle que soit notre appréciation de l’évolution de la société, il est urgent de réhabiliter les valeurs évangéliques dont l’ouverture et la curiosité. Elles sont l’antidote de la peur et de la bêtise qui enferment. Elles sont les prémices d’un enrichissement fécond qui donne sa juste place à l’autre dès lors que je sais qui je suis. Sceptique ? Essayez donc et vous verrez.

Line Dépraz, pasteure EERV