Mardi 22 mai 2018

Amours platoniques... amours négligentes (Hébreux 10,1-18)


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N’avez-vous jamais pensé rencontrer Platon dans le Nouveau Testament? Et pourtant, le philosophe est, ici plus que nulle part ailleurs, présent sous les lignes de cette longue homélie que constitue la lettre dite aux Hébreux. La preuve? Comme à quelques autres endroits du texte, le v. 1 est empreint de cet écart entre la réalité céleste et le monde terrestre qui n'en est que l'ombre. Pas étonnant dès lors que l'Eglise des premiers siècles ait été si fortement marquée par les courants néoplatoniciens et stoïciens. Il n'est pas certain que cette figuration du monde ait encouragé sa valorisation et sa réception heureuse; il est probable au contraire qu'elle en ait favorisé un certain évitement, qui ira grandissant avec le temps, jusqu'à la détestation ou, plus sobrement, la négligence. Tandis que le prédicateur soutient une lecture qui s'efforce pourtant, comme la nôtre, de rejoindre le sens des choses, le bibliste François Vouga relève avec à-propos deux conséquences: la première touche le rapport au texte et prévoit de chercher le sens derrière la lettre, «dans l'esprit dont elle n'est que l'image». La seconde, plus problématique, demande la suspension et le retournement de l'histoire: la lecture des Ecritures reçues montre leur limite comme simple figure de la réalité éternelle révélée par le Christ – autrement dit, la première alliance est l'ombre de la seconde qui la précède éternellement. Et le sacrifice abolit les sacrifices, encore et toujours. L'intention est belle, le chemin tortueux.

Blaise Menu

Prière: Esprit Saint, tu inspires librement bien des hommes et des femmes. Donne-moi de garder les pieds sur terre lorsque tu m'ouvres les mystères du ciel.  

Référence biblique : Hébreux 10, 1 - 18

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