Ils ne sèment ni ne moissonnent… (Matthieu 6, 26)

Ça y est ! Sur la poutraison de la cure, dans le nid construit à la hâte par la femelle, les œufs des rougequeues noirs ont éclos. Les parents ont commencé leur va-et-vient pour nourrir les poussins cachés au fond du nid. A chaque nouvelle saison, ces petites créatures ailées me remplissent d’admiration. Elles reviennent de migration dans le bassin méditerranéen, assurent parfois trois nichées par année, construisant leur nid à proximité immédiate des hommes.

L’an passé ces petits passereaux ont niché sous la poutraison de la gare et au-dessus de la porte du collège intercommunal traversée quotidiennement par des centaines d’élèves pas particulièrement sensibles à la gent ailée ! Un ornithologue averti aujourd’hui pourrait considérer Jésus comme un piètre pédagogue utilisant des expressions douteuses ; ces petits passereaux situés tout au bout de la chaîne alimentaire utilisent pendant plusieurs semaines toutes leurs forces pour leur reproduction. On pourrait en dire autant des hirondelles et martinets, revenus égayer nos longues journées d’été par la gaieté de leurs cris stridents, qui ramènent à longueur de journée de petites boules d’insectes pour leur progéniture. En disant cela, Jésus ne voulait pas nous inviter à la fainéantise ou au repos. J’aime à imaginer que ces admirables créatures ailées sont précieuses aux yeux de Dieu et que, selon ces paroles très connues de la Bible, notre valeur d’êtres humains est encore bien supérieure à Ses yeux.

Jean-Daniel Courvoisier, pasteur dans la paroisse du Pied du Jura