Il y a 50 ans presque jour pour jour, l’icône de la non-violence et de la lutte pour les droits des Afro-américains aux Etats-Unis était assassiné à Memphis.

Prédicateur hors pair, il avait le don pour enflammer les foules. Ses paroles touchaient les croyants. Elles faisaient également mouche auprès de nombreux citoyens. C’est qu’il s’attachait à tenir ensemble deux faces de Dieu : l’amour et la justice. Martin Luther King n’a jamais voulu se substituer aux politiciens, mais il avait cette clairvoyance que la foi se concrétise dans des engagements communautaires et sociaux. Que les murs des églises ne sauraient en délimiter l’action. Dans notre société, certaines voix s’élèvent et prétendent que toute croyance, sous prétexte qu’elle est intime, est affaire privée.

Personnellement, j’en appelle à l’image que King a utilisée : L’Eglise n’est pas un thermomètre mais un thermostat. Entendez par là qu’il ne lui incombe pas tant d’indiquer la température du moment que de rappeler qu’il y a des positions à tenir, des convictions à défendre, qu’elles soient dans l’esprit du temps ou non. Voilà qui devrait encourager les chrétiens à s’engager dans la société. Pas en donneurs de leçons mais en éveilleurs de conscience. Habités par l’espérance que Dieu peut ouvrir un chemin là où il n’y en a pas. Et qu’Il compte sur nous pour en signaler le tracé.

Line Dépraz, pasteure EERV