J’peux prendre congé pendant mes vacances ?

Cette question, on la doit à un résident d’Eben-Hézer Lausanne, une institution qui accueille des personnes en situation de handicap. Je vous l’avoue, j’ai ri en l’entendant. Et je me suis dit : « Il n’y a que là-bas, qu’on peut entendre ce type de réflexion ». Mais peu à peu, j’ai ri jaune… Car devant mon agenda -et celui des autres-, je venais d’accepter deux rendez-vous professionnels durant mes vacances qui prennent fin aujourd’hui. Par ailleurs, vous avez peut-être découvert que “la loi sur le droit à la déconnexion“ entrée en vigueur en France s’invite dans nos débats parlementaires. Parce que l’hyperconnectivité fragilise la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Il est, c’est vrai, difficile d’appeler un ami avec son portable sans remarquer que des nouveaux mails attendent nos réponses.

Alors, vous prendrez bien un peu de repos ?

Le peuple d’Israël est probablement le premier de toute l’humanité à avoir connu la pratique d’un shabbat hebdomadaire. Il ne s’agit ni de paresse ni d’une simple absence d’activité. Dans la tradition biblique, le shabbat est une rupture de rythme qui permet tout à la fois de prendre du recul face à son activité et d’en questionner le sens. Certains pensent que pour accéder au bonheur, il faut posséder toujours plus, et donc travailler plus pour gagner plus. D’autres s’attellent à réprimer tout désir pour atteindre une forme de zénitude. Personnellement, je crois que c’est bien la question du sens qu’il faut remettre au centre de nos vies. Et je me souviens de Pablo Picasso qui disait : « Le sens de la vie, c’est de trouver son cadeau ; le but de la vie, c’est de l’offrir ».

Line Dépraz, pasteure EERV

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