Elle n’existe pas encore et je le regrette. Trop souvent les thèmes des journées internationales me laissent pantoise. Saviez-vous qu’il existe celle de star wars, de la serviette ou encore de la malbouffe ? Difficile de savoir à quoi ça rime. Tandis que celle des cancres… Oh, je sais. Pour beaucoup, ce sont des feignants méritant d’être secoués et remis sur le droit chemin. Ce que j’aime chez eux, c’est leur capacité à appréhender la réalité de manière différente. Les premiers de classe ont réponse à tout. Les cancres, souvent par provocation, ne cessent de poser des questions. Ils donnent raison à cette sagesse de la pensée juive : « Ne demande jamais ta route à quelqu’un qui la connaît, tu pourrais ne pas t’égarer ».

Dans une société qui érige la performance comme but, voilà qui détonne. Le droit à l’errance, à l’égarement. Il est pourtant fondamental. Trop de discours tendent à faire croire qu’un principe d’évidence guide le monde. Et que pour chaque événement un sens univoque s’impose. Cruel mensonge. Le monde est complexe. Il n’a pas de sens en soi. Tout événement demande à être interprété. Même les plus anciens. Prenez la bible. Ce qui la rend vivante aujourd’hui ce ne sont ni les dogmes ni une vérité qui en précéderait la lecture mais la capacité qu’a chaque génération d’en questionner les récits et d’y apporter des esquisses de réponses qui en révèlent la pertinence pour leur quotidien.

Line Dépraz, pasteure EERV

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