Dieu est et sera toujours du côté de la vie. La contempler. La respecter. La soigner. La favoriser. La défendre. Cette vérité est plus que jamais de circonstance.

La déclaration « En face, il y a toujours un être humain » que vient de publier le Conseil suisse des religions, s’inscrit parfaitement dans cette ligne. Le Conseil suisse des religions regroupe au niveau national les communautés chrétiennes, juives et musulmanes. Or, c’est la première fois que dans un communiqué de presse commun, les représentants de ces trois religions s’expriment d’une même voix sur la question des réfugiés.

Cette déclaration nous dit qu’il y a une réalité qui n’est pas réductible à nos appartenances religieuses, culturelles ou idéologiques. Cette réalité est  notre appartenance à une humanité commune : le réfugié, avant d’être réfugié, est un être humain. Ni plus, ni moins.

Jésus, dans un célèbre passage (Marc 2,23-28), aura été un pionnier de cette vision en plaçant l’humain au cœur de nos visions et de nos actions. Interpellé par les pharisiens sur le fait que ses disciples arrachaient et mangeaient des épis de blé un jour de Sabbat, Jésus rétorque en rappelant un épisode passé. Il s’agit de David qui, avec ses compagnons affamés, sont entrés dans la maison de Dieu et ont mangé les pains destinés à l’offrande. En rappelant cet épisode, Jésus affirme que même si la loi réservait ce pain aux prêtes il existe une autre loi, plus fondamentale encore, à savoir celle qui donne la priorité à une personne affamée. La vie avant la règle.

Et il conclu sa réponse par cette célèbre affirmation : « Le sabbat a été fait pour l’être humain et non l’être humain pour le sabbat. » (Marc 2,27) Et nous, quelles conséquences tirons-nous de cette affirmation ?

Nicolas Monnier, pasteur et directeur de DM-échange et mission