Coming out spirituel ?

Les « coming out » spirituels sont aujourd’hui à la mode. Désenchantés par le non-sens d’une vie vouée à « l’accumulation d’argent, de biens, de divertissements et de technologies », ces « néo-spiritualistes » se donnent trois objectifs : cultiver le lien à soi, à l’autre, à la nature. N’est-ce pas merveilleux ?

Pourtant soyons un tout petit peu réalistes ! La relation à soi est tout sauf facile. Il y a le poids de mon passé, les incertitudes de mon avenir, les tensions entre mon vouloir et mon faire, la difficile harmonie entre mes pulsions, ma volonté, ma raison calculatrice, les exigences de la société… Quant à ma relation à autrui, j’ai beau la cultiver, je ne dispose pas de la volonté de l’autre. Cette relation est aussi constamment entachée de nos réciproques égoïsmes… En ce qui concerne ma relation à la nature, elle est rendue bien difficile quand je suis confronté au mal naturel : maladies, tremblements de terre, raz de marée, sécheresses, inondations, ouragans…

Que manque-t-il donc à ces spiritualistes ? Un sens de la transcendance. Une vraie spiritualité n’est possible qu’en relation passionnée à un absolu qui ne se trouve ni au fond de soi, ni dans l’autre, ni dans la nature. Plus encore, ma relation à cet absolu qui seul peut rendre ma vie harmonieuse ne doit pas pour ce faire être simplement une relation de plus. Elle doit être la relation fondamentale à partir de laquelle je me reçois moi-même, je reçois autrui comme le monde naturel.

Jean-Denis Kraege, pasteur

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