Le visage du Christ est pour beaucoup de croyants une interrogation permanente. Au fil des siècles depuis les premiers siècles de la vie de l’Eglise jusqu’aux plus récentes interprétations de l’art contemporain les hommes ont représenté le Christ dans l’expression de tous les sentiments humains: colère, tendresse, joie, souffrance, solitude…

Mais ce qui frappe surtout, c’est la diversité des traits que les artistes ont donné à son visage au fil du temps. Reflet logique des Evangiles! A aucun moment en effet, les textes bibliques ne dévoilent le moindre détail de l’aspect physique de Jésus. Sous l’Empire romain, des bas-reliefs de tombeaux le représentent imberbe avec des cheveux bouclés. Etait-il petit ou grand, mince ou élancé? Avait-il un visage clair ou basané, des traits fins ou anguleux? Nul ne le sait.

Souvent des maîtres d’histoire des religions ou des ecclésiastiques demandent à leurs jeunes auditeurs de dessiner leur représentation du Christ. Que remarque-t-on? Des visages glabres aux cheveux blonds frisés, des frimousses noires à la coiffure de rasta. Parfois scintille une boucle d’oreille, si ce n’est deux. Ces dessins ne sont ni provocateurs ni sacrilèges, mais souvent une simple allusion à une actualité et ses modes! Parce que le Christ est l’homme tout entier en assumant dans sa plénitude notre nature, tout a été dit sur lui, tout sera encore dit. N’ayons aucun regret. Il fallait bien qu’un visage du Messie réponde à toutes les espérances du monde.

Or l’essentiel n’est-il pas que tout homme, quelles que soient son origine ou sa condition puisse découvrir en Jésus, son frère en l’humanité?

François Berger, Professeur, Blonay