Cet adjectif est triste à en mourir.

Pourtant, dans les années 80, le groupe de rock Trust a su le rendre populaire en dénonçant les dérives d’une société individualiste, violente et injuste. 40 ans plus tard, j’ai l’impression d’un retour à la case départ. Cela me laisse un goût amer dans la bouche. Prenez l’initiative « No Billag » qui vise à supprimer toute redevance pour les médias de service public. Elle s’inscrit dans la droite ligne de l’égoïsme hier dénoncé en prônant la logique du « qui consomme paie ». Quelle étroitesse de vue. Nous sommes loin de l’éducation solidaire que j’ai reçue et qui, me semble-t-il, fait partie de l’histoire de notre pays.

Avec le Conseil synodal de l’EERV, je me positionne contre cette initiative. Je suis persuadée que tous les citoyens ont droit à une information de qualité qui reflète la pluralité des opinions, la réalité des différentes régions linguistiques et le point de vue des minorités. Je ne puis concevoir que prévalent les seules pensées qui sont financièrement rentables. Comme réformée, j’ai pour modèle un homme, Jésus, qui a passé sa vie en arpentant les routes de son pays pour aller à la rencontre de tous et donner à chacun la place qui lui revient. Sans condition. Sans calcul. Sans égoïsme. Habité de la conviction que c’est au contact des autres que l’on donne le meilleur de soi. Et que du partage des idées peut jaillir ce qui donne sens à la collectivité.

Line Dépraz, pasteure EERV