Adieu, glaciers sublimes.

La fonte des glaciers peut se lire en parallèle à la baisse de participation aux activités proposées par les églises. Doublement : comme effet des actions passées et comme suite des changements dans les mentalités.

Ainsi, on sait maintenant que les activités humaines de ces dernières décennies ont eu des conséquences sur le climat. Et les glaciers fondent. De même, les églises ont produit beaucoup de souffrances au cours des siècles par leurs discours et leurs pratiques: contraintes vides de sens, vision négative de l’être humain, morale répressive. Et les gens prennent de la distance (même si le bilan de l’histoire n’est pas aussi sombre : il y a des lumières, et combien !).

Mais les mentalités y ont aussi leur part : nous déplorons le réchauffement climatique, mais il faut passer chaque week-end dans une autre capitale et faire du shopping à tout bout de champ. L’avidité dicte les conduites. Nous déplorons que les religieux aient été peu fidèles à leur foi, mais rien n’est fait de ce dépit, sinon mépriser ou accuser. Ce sont la peur et la rancœur qui pilotent.

Pour retarder la fonte des glaciers et des fidèles, on fait ce qu’on peut. Mais, à l’image de ces tissus blancs tendus sur les langues de neige, les tentatives ecclésiales pour coller aux modes successives du temps n’ont que des effets de surface, limités dans le temps.
Inverser la tendance ? Viser d’abord un changement intérieur : on voit où mènent l’avidité, la peur et la rancœur. Que faire de ces affects ? Rien, tant qu’on ne les a pas repérés en soi. D’abord les accepter.

Ensuite, les apprivoiser : l’avidité peut se transformer en amour de la vie, la peur en lucidité et la rancœur en reconnaissance pour le chemin parcouru.

Pour les églises : en petit nombre s’asseoir, prier, se lever, partager. Le reste sera donné par surcroît.

Pasteur Jean-Patrice Cornaz,